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Chéloïdes, Excroissances après Piercing : Comment les soigner ?
6 min di lettura

Chéloïdes, Excroissances après Piercing : Comment les soigner ?

Une petite boule qui apparaît autour d'un piercing, c'est l'un des motifs de visite les plus fréquents dans nos boutiques. Dans la grande majorité des cas, il s'agit d'une excroissance (une cicatrice hypertrophique) : une réaction bénigne, qui régresse une fois sa cause supprimée, le plus souvent un appui ou un frottement continu sur le bijou. Les vraies chéloïdes sont beaucoup plus rares. Voici comment les distinguer, les prévenir, et ce que nos perceurs font en boutique pour les faire disparaître.

La chéloïde, qu'est-ce que c'est ?

Une chéloïde est une petite masse ou bosse de peau ou de tissu qui apparaît de façon anormale sur une cicatrice, ici autour d'un piercing. C'est une cicatrisation qui s'emballe : la peau continue de produire du tissu au-delà de ce qu'il faut pour refermer la plaie.

Bonne nouvelle : la vraie chéloïde est rare. Elle concerne environ 1 personne sur 1 000 dans les populations européennes, et davantage (4 à 6 %) chez les personnes d'ascendance africaine, avec une forte composante familiale : si un parent proche en a développé, votre vigilance doit être plus grande. Dans l'immense majorité des cas, ce que l'on prend pour une chéloïde est en réalité une excroissance, bien plus simple à traiter.

La différence entre une chéloïde et une excroissance

L'excroissance (le terme médical est « cicatrice hypertrophique ») reste limitée à la zone du piercing et tend à régresser en quelques semaines à quelques mois une fois la cause traitée. La chéloïde déborde la cicatrice d'origine, persiste dans le temps et peut continuer de s'étendre.

Cette différence change tout : une excroissance se règle le plus souvent chez votre perceur, une chéloïde installée relève d'un avis dermatologique. Les deux restent des lésions bénignes : il s'agit de tissu cicatriciel, pas d'une pathologie grave.

Pourquoi sommes-nous susceptibles d'en avoir ?

Le point de départ est presque toujours une inflammation, c'est-à-dire la réaction normale d'une peau en cicatrisation qui se retrouve sur-sollicitée. Elle peut évoluer en infection si des bactéries s'installent, selon l'entretien du piercing, mais dans la plupart des cas il s'agit bien d'inflammation, pas d'infection.

La cause que nos perceurs retrouvent le plus souvent en boutique est mécanique : un appui ou un frottement continu. Un bijou inadapté, une position de sommeil qui presse le piercing nuit après nuit : la chair est poussée en permanence, et elle finit par former une petite masse de tissu cicatriciel sous la zone d'appui. C'est ainsi que naissent la plupart des excroissances.

S'y ajoutent des facteurs aggravants : les manipulations à mains non lavées, les produits agressifs, une matière de bijou inadaptée et, pour les vraies chéloïdes, la prédisposition génétique évoquée plus haut.

Comment prévenir les chéloïdes et excroissances ?

Le choix du métal : Titane ASTM-F136 et Or 14/18 Carats

Un bijou de piercing se porte 24 h/24, 7 j/7, au contact direct de tissus en pleine cicatrisation. Contrairement à une bague ou un collier que l'on retire, il ne laisse aucun répit à la peau : la matière n'est pas un détail, c'est elle qui décide si la peau est laissée tranquille.

La réglementation européenne le reconnaît d'ailleurs : pour les tiges de piercing, REACH limite la libération de nickel à 0,2 µg/cm² par semaine, contre 0,5 pour les bijoux en simple contact prolongé avec la peau. Un bijou porté dans le corps est soumis à des exigences plus strictes que le reste de la bijouterie, et c'est une raison de plus d'y prêter attention.

Le titane est la référence pour un piercing en cicatrisation. Le grade ASTM-F136 est celui requis pour les implants chirurgicaux : une pureté et une biocompatibilité qui conviennent à presque toutes les peaux, sans nickel. C'est le grade de nos bijoux de piercing en titane, et celui que nous recommandons en bijou de pose.

L'or a aussi sa place, à condition d'être exigeant sur sa pureté. L'or 9 carats ne contient que 37,5 % d'or : le reste est un mélange d'alliages, moins biocompatible ; il n'a pas sa place dans un piercing. L'or 14 carats (58,5 % d'or) offre un excellent équilibre : plus résistant et moins malléable que le 18 carats, il est idéal pour de petites pièces sollicitées au quotidien. L'or 18 carats (75 % d'or) séduit par sa pureté. Pour les peaux les plus sensibles, le titane reste notre premier choix en bijou de pose ; un or 14 ou 18 carats de bonne composition peut également être posé dès la première pose.

Les bons gestes après avoir fait un piercing

Chacun de ces gestes vise la même chose : ne pas entretenir l'inflammation qui fabrique les excroissances.

  • Nettoyez sans agresser. Une solution saline stérile, ou un nettoyant au pH adapté à la cicatrisation, au quotidien comme sous la douche. Nos kits de soins réunissent les deux formats, disponibles dans nos boutiques et bientôt en ligne.
  • Évitez les antiseptiques et produits agressifs. Ils dessèchent et irritent une peau en reconstruction : au lieu de calmer l'inflammation, ils l'entretiennent.
  • Des compresses plutôt que des cotons-tiges. Les fibres des cotons-tiges s'accrochent au bijou et laissent des résidus dans le canal.
  • Lavez-vous toujours les mains avant de toucher la zone : chaque manipulation à mains nues peut introduire des bactéries.
  • Protégez votre piercing la nuit. Dormir dessus, c'est précisément l'appui continu qui crée une excroissance. Le temps de la cicatrisation, changez de côté autant que possible.

Avoir un bijou de piercing adapté

La longueur et la forme du bijou doivent correspondre à votre anatomie : trop court, il comprime les tissus ; trop long, il accroche et bouge en permanence. Dans les deux cas, la peau subit cet appui dont naissent les excroissances. C'est le rôle de votre perceur de choisir la bonne taille à la pose, puis de l'ajuster une fois le gonflement initial retombé.

Soigner une chéloïde : Les étapes.

Commencez par identifier ce que vous avez. Une excroissance se traite très bien, souvent en quelques semaines, en supprimant sa cause. Une vraie chéloïde, rare, relève d'un dermatologue. Dans les deux cas, ne restez pas seul face à votre piercing : c'est exactement le genre de situation que votre perceur connaît.

En boutique, voici comment nos perceurs procèdent, avec plus de 15 ans de pratique :

  1. Trouver la cause. Examiner la zone, le bijou, vos habitudes : c'est presque toujours un appui ou un frottement qui se cache derrière.
  2. Ajuster le bijou. Changer la longueur de barre ou le type de bijou pour supprimer le contact : une fois le frottement disparu, l'excroissance dégonfle progressivement.
  3. Poser un disque de silicone entre l'excroissance et le bijou, souvent à l'arrière du lobe ou de l'hélix. Le contact direct disparaît et l'excroissance régresse, souvent rapidement. La littérature médicale va dans le même sens : le silicone et la compression figurent parmi les traitements de première intention des cicatrices hypertrophiques.
  4. Continuer les soins pendant toute la régression : nettoyage doux, mains propres, pas de manipulation.

Chez Obsidian, le suivi est compris dans chaque prestation de piercing : pendant la cicatrisation et même après, passez dans nos boutiques à tout moment, nos perceurs regardent, ajustent et vous conseillent.

Et si c'est une vraie chéloïde ? Si la masse déborde nettement la cicatrice d'origine, continue de grossir après plusieurs mois, devient douloureuse ou chaude : consultez un dermatologue. Des traitements existent (silicone, compression, injections de corticoïdes) et ils sont d'autant plus efficaces qu'ils sont entrepris tôt. La plupart du temps, vous n'en arriverez pas là : l'immense majorité des cas se règle avec un bijou adapté et de bons soins.

Sources : StatPearls, « Hypertrophic Scarring and Keloids » (NCBI) · DermNet, « Keloid and hypertrophic scar » · J Invest Dermatol Symp Proc, génétique des chéloïdes · Règlement REACH, annexe XVII, entrée 27. Consultées en août 2026.

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